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Claude, ChatGPT ou Mistral pour les notaires : notre position

Pourquoi nous plaçons Claude et ChatGPT au même niveau, ce que permet le CSN et ce que le CLOUD Act change pour le secret professionnel.

Notre position chez Mibba : Claude et ChatGPT sont aujourd’hui équivalents pour les usages de fond d’une étude notariale. Les deux méritent d’être testés sur les mêmes dossiers. La qualité de lecture, de raisonnement et de rédaction compte énormément. Un outil que les collaborateurs délaissent parce qu’ils passent leur temps à corriger ses réponses ne devient pas utile simplement parce qu’il est français.

Cela ne fait pas disparaître la question des données. Claude est développé par Anthropic et ChatGPT par OpenAI, deux entreprises américaines. Il existe un risque d’accès par les autorités américaines, et souscrire un abonnement professionnel ne suffit pas à le supprimer. Nous pensons qu’il faut tenir les deux sujets ensemble : choisir une IA qui travaille bien et décider précisément de ce qu’on lui confie.

Claude ou ChatGPT : nous les plaçons au même niveau

Nous ne voyons pas aujourd’hui de vainqueur général entre Claude et ChatGPT pour lire un dossier, confronter des pièces, préparer une note ou rédiger. Les différences utiles se situent plutôt dans l’interface, les fonctions disponibles dans l’offre, les connexions aux outils de l’étude et l’adoption par les collaborateurs.

La bonne comparaison consiste à leur donner le même corpus, la même demande et le même format de sortie. Mesurez les erreurs, les omissions et le temps de correction. Si les résultats se valent, choisissez l’écosystème que l’équipe utilisera réellement.

« C’est clairement inférieur aux IA américaines » : ce que nous entendons sur le terrain

Lors d’un entretien le 16 septembre 2026, un interlocuteur d’une étude notariale nous a rapporté cette appréciation de confrères avocats :

Observation terrain

Mistral, quand j’en parlais avec les avocats, est clairement inférieur aux IA américaines.

Entretien Mibba du 16 septembre 2026. Un interlocuteur d’une étude notariale, rapportant des retours de confrères avocats ; identité non publiée.

C’est un retour d’usage rapporté, pas une mesure comparative de tous les modèles. Mais il met le doigt sur une objection concrète : la finesse du raisonnement et la qualité des réponses peuvent peser davantage dans l’adoption que le discours autour de l’outil.

Dans le même échange, un membre d’une étude parisienne d’environ 50 personnes expliquait que ses associés poussaient déjà l’utilisation de Claude et la formation des équipes. Les besoins évoqués étaient très concrets : traiter des courriels répétitifs, repérer ceux qui méritent l’attention d’un associé et réutiliser des méthodes de travail sur les dossiers.

Notre conviction : on ne devrait écarter ni Claude ni ChatGPT avant de les avoir testés sur ces tâches, au seul motif que le CSN a choisi Mistral. Nous ne promettons pas qu’ils gagneront sur chaque document, chaque modèle et chaque configuration. Le bon juge reste le résultat que le collaborateur peut effectivement utiliser après relecture.

Le choix du CSN n’est pas une exclusivité Mistral

Le 9 juillet 2026, le CSN a annoncé un partenariat avec Mistral AI et Scaleway pour accompagner l’acculturation et l’expérimentation de l’IA pendant 18 mois. Il précise que les notaires peuvent choisir d’autres solutions respectant la charte IA de la profession. Utiliser une autre IA n’est donc pas interdit par ce partenariat. Cela ne vaut pas validation générale de tous les usages de Claude ou ChatGPT. Communiqué du CSN.

Ce choix collectif a une valeur : il crée un cadre et facilite l’accès à une solution. Il ne répond pas, à lui seul, à la question « quel outil lit le mieux les pièces de mon dossier ? ». Nous défendons la liberté d’examiner les deux sujets séparément, puis de les réunir dans une décision d’équipement.

Avant d’ouvrir un usage réel, l’étude doit consulter la version en vigueur de la charte, examiner son contrat fournisseur et définir son périmètre. Le nom d’un modèle ne constitue pas un dossier de conformité.

Oui, les autorités américaines peuvent exiger des données

C’est un point qu’il faut dire clairement. Dans les conditions prévues par le droit américain, une entreprise soumise à la juridiction des États-Unis peut être contrainte de communiquer des données qu’elle détient ou contrôle. Le CLOUD Act précise que leur stockage à l’étranger ne suffit pas à les soustraire à ces obligations. Le risque doit donc entrer dans l’analyse de Claude comme de ChatGPT. Présentation du CLOUD Act par le ministère américain de la Justice.

Ce n’est pas un accès permanent et sans procédure à toutes les conversations. Ce n’est pas non plus un risque que l’on peut balayer en affirmant « cela n’arrivera jamais ». La portée d’une demande dépend notamment de sa base juridique, de l’entreprise concernée et des données effectivement sous son contrôle.

Autre confusion fréquente : « pas d’entraînement sur mes données » ne signifie pas « aucune donnée conservée » ni « aucune communication possible aux autorités ». Ce sont trois engagements différents.

Anthropic indique que les données des produits commerciaux ne servent pas à entraîner ses modèles par défaut, avec des exceptions notamment liées à certains retours volontaires ou autorisations. Sa politique de localisation indique aussi un stockage aux États-Unis et des traitements pouvant se répartir entre plusieurs régions. Acheter une offre professionnelle Claude ne revient donc pas, par défaut, à acheter un hébergement exclusivement français. Entraînement, localisation des données.

OpenAI indique également que les données des espaces Business, Enterprise et Edu ne servent pas par défaut à entraîner ses modèles. Les règles de conservation et de résidence varient toutefois selon l’offre, la fonction, la région et la configuration. Là encore, « offre professionnelle » ne signifie pas « aucune conservation » ni « hébergement français ». Sécurité de ChatGPT Work.

Un « trou juridique » ? Plutôt une tension que l’étude doit prendre au sérieux

On comprend l’expression : une étude française doit préserver son secret professionnel, alors que le fournisseur américain peut relever d’obligations étrangères. Mais il ne s’agit pas d’une absence de droit. Les règles existent ; leur articulation rend la décision plus délicate.

Le code de déontologie impose le secret professionnel au notaire et aux personnes placées sous son autorité. L’article 48 du RGPD encadre la reconnaissance des décisions étrangères exigeant un transfert ou une divulgation. Une injonction étrangère ne constitue pas, à elle seule, une autorisation européenne de transmettre les données. Article 8 du code de déontologie, RGPD, chapitre V.

Il existe aussi des mécanismes encadrant certains transferts vers les États-Unis, dont le cadre d’adéquation pour les organismes certifiés et les traitements couverts. Cela ne dispense pas d’examiner le service exact, ses sous-traitants, ses engagements et les exigences propres à l’étude. « Fournisseur américain » ne signifie pas automatiquement « usage illégal » ; « contrat professionnel » ne signifie pas automatiquement « usage acceptable pour tout le dossier ». Explications de la CNIL sur l’adéquation des États-Unis.

Notre recommandation est nette : commencez avec un dossier récent que le notaire ou le collaborateur connaît parfaitement et que l’étude a choisi pour ce test. Comparez Claude et ChatGPT à votre propre lecture, repérez immédiatement leurs erreurs et mesurez le temps réellement gagné. Avant de généraliser, faites valider les flux et les usages autorisés. Anonymisation et pseudonymisation, CNIL.

Ce qu’il faut comparer derrière Claude, ChatGPT et Mistral

QuestionCe qu’il faut obtenir avant de décider
La réponse est-elle utile ?Un même corpus, une même demande et une comparaison du résultat relu, avec ses erreurs et son temps de correction
Les données servent-elles à l’entraînement ?La règle de l’offre exacte, les réglages et les exceptions liées aux retours utilisateurs
Où vont-elles ?Les lieux de stockage et de traitement, les sous-traitants et les éventuels transferts
Combien de temps restent-elles ?La durée applicable aux conversations, fichiers, journaux et modèles utilisés
Qui peut y accéder ?Les permissions de l’espace, les partages, les connecteurs et les conditions de communication imposée

La conservation chez Anthropic comme chez OpenAI varie selon le produit, la fonctionnalité, l’offre et les accords applicables. Évitons donc les raccourcis du type « Enterprise = zéro conservation ». Conservation chez Anthropic, sécurité de ChatGPT Work.

Mistral présente de son côté un stockage dans l’Union européenne par défaut, avec des exceptions selon les points d’accès et fonctionnalités. Ses règles d’entraînement diffèrent selon les offres. Nous n’opposons donc pas une étiquette américaine à une étiquette française : nous comparons un service précis et son fonctionnement réel. Localisation chez Mistral, entraînement chez Mistral.

Ce que nous ferions dans une étude demain matin

Nous commencerions par trois tâches : préparer une tête de dossier, lire un PV d’assemblée générale et rédiger une relance de pièces manquantes. Elles permettent de voir très vite si Claude ou ChatGPT comprend les documents ou produit seulement une synthèse plausible.

Pour un PV d’AG, une bonne réponse commence par les travaux : lesquels sont évoqués, votés ou engagés ? Quel montant concerne l’immeuble ? Quelle quote-part du lot est réellement établie ? Quelle résolution permet de l’affirmer ? Un résumé élégant qui transforme une discussion sur un ravalement en travaux votés ne convient pas.

Pour la relance, même exigence : une pièce annoncée par courriel n’est pas une pièce reçue. Une simulation bancaire n’est pas une offre de prêt. L’assistant doit demander le bon document, à la bonne personne, sans redemander ce qui figure déjà dans le dossier.

Ce sont ces méthodes métier que nous intégrons dans Mibba. Nous plaçons Claude et ChatGPT au même niveau et conseillons de les départager sur vos pièces, vos connexions et vos critères. Mesurez le temps jusqu’au résultat validé, pas seulement la vitesse de génération de la première réponse.

La place de Mibba : donner à l’IA le contexte et la méthode

Un bon modèle ne connaît pas spontanément votre dossier, ses versions, les échanges récents ni les pièces effectivement reçues. Mibba organise ce contexte et peut le relier à Claude ou à un espace ChatGPT compatible avec les apps MCP personnalisées. La méthode de lecture devient alors aussi importante que le modèle : repartir des pièces, identifier les contradictions et rendre les sources vérifiables.

La connexion ne supprime pas les questions de confidentialité du service auquel vous transmettez les informations. Il faut examiner l’ensemble du parcours des données. Retrouvez la connexion de Mibba à Claude et nos informations sur la sécurité et les données.

Mibba est proposé à partir de 150 € HT par utilisateur, sur devis. Le comparatif des IA pour notaires permet de replacer ce choix parmi les autres solutions.

Mettez Claude ou ChatGPT en place avec notre guide gratuit

Nous avons préparé un guide gratuit compatible avec Claude et ChatGPT : choix de l’IA, roadmap de l’étude, Projets, mémoire, Cowork ou Work, méthodes réutilisables et connexions, puis test sur les dossiers que votre équipe connaît déjà.

Télécharger gratuitement le guide Claude ou ChatGPT pour les notaires.

Article Mibba, sources consultées le 17 septembre 2026. Les offres, modèles et politiques fournisseurs évoluent ; les liens renvoient aux documents à vérifier pour votre configuration.